Éphèbophobie (avec 30% en plus !)

March 2nd, 2010

Pour commencer, et avant d’aller plus loin dans cette étude aussi rigoureusement menée qu’un documentaire de Mordillat et Prieur, les deux faussaires de l’exégèse historico-critique, il faut tout d’abord définir ce qu’est un « jeune ». Un jeune est un être humain. Ou presque. Ce qui en fait une espèce à part n’est pas tant son âge – susceptible de varier de 7 à 77 ans – que sa culture – inculture conviendrait mieux, me glisse-t-on à l’oreille – qui le pousse à fuir tout ce que le génie humain a élaboré depuis que l’Homo Sapiens a troqué la peau de mammouth contre un costume de prêt-à-porter bon marché.

Il apparaît que le jeune goûte avec volupté la littérature classique. Non, je plaisante. En vérité, sa maîtrise insuffisante de la langue officielle le condamne inexorablement à préférer les « beat them all », ces jeux vidéo dans lesquels il laisse s’exprimer toute sa finesse d’esprit en dézinguant à foison des ennemis virtuels dans une guerre des gangs sans merci. À propos de langage, nous ne pouvons que déplorer les mutations tchernobyliennes ayant abouti à l’apparition d’un idiome qui rendrait malade plus d’un académicien. Décrypter ce sabir-SMS demande un effort comparable à celui qu’effectua Champollion face aux hiéroglyphes au sens encore inviolé. À la légère différence que le savant susnommé pouvait s’émerveiller devant ces signes extraordinaires d’esthétisme et de mystère, tandis que nous, nous sommes conduits vers une consternation proche du désespoir en face de ce dialecte issu des ravages conjugués des réformes éducatives, des messageries instantanées, et sans doute aussi d’une forme de dégénérescence cellulaire des masses cérébrales.

Du côté de l’alimentation, le jeune affectionne particulièrement tout ce qui est mou, gras, sucré, autrement dit : américain. Il arrose souvent cela d’alcools de qualité médiocre, plus proches de l’antigel que du grand cru. Junk-food, binge-drinking, mens sana in corpore sanoRead the rest of this entry »

Éphèbophobie

February 27th, 2010

Pour commencer, et avant d’aller plus loin dans cette étude aussi rigoureusement menée qu’un documentaire de Mordillat et Prieur, les deux faussaires de l’exégèse historico-critique, il faut tout d’abord définir ce qu’est un « jeune ». Un jeune est un être humain. Ou presque. Ce qui en fait une espèce à part n’est pas tant son âge – susceptible de varier de 7 à 77 ans – que sa culture – inculture conviendrait mieux, me glisse-t-on à l’oreille – qui le pousse à fuir tout ce que le génie humain a élaboré depuis que l’Homo Sapiens a troqué la peau de mammouth contre un costume de prêt-à-porter bon marché.

Il apparaît que le jeune goûte avec volupté la littérature classique. Non, je plaisante. En vérité, sa maîtrise insuffisante de la langue officielle le condamne inexorablement à préférer les « beat them all », ces jeux vidéo dans lesquels il laisse s’exprimer toute sa finesse d’esprit en dézinguant à foison des ennemis virtuels dans une guerre des gangs sans merci. À propos de langage, nous ne pouvons que déplorer les mutations tchernobyliennes ayant abouti à l’apparition d’un idiome qui rendrait malade plus d’un académicien. Décrypter ce sabir-SMS demande un effort comparable à celui qu’effectua Champollion face aux hiéroglyphes au sens encore inviolé. À la légère différence que le savant susnommé pouvait s’émerveiller devant ces signes extraordinaires d’esthétisme et de mystère, tandis que nous, nous sommes conduits vers une consternation proche du désespoir en face de ce dialecte issu des ravages conjugués des réformes éducatives, des messageries instantanées, et sans doute aussi d’une forme de dégénérescence cellulaire des masses cérébrales.

Du côté de l’alimentation, le jeune affectionne particulièrement tout ce qui est mou, gras, sucré, autrement dit : américain. Il arrose souvent cela d’alcools de qualité médiocre, plus proches de l’antigel que du grand cru. Junk-food, binge-drinking, mens sana in corpore sanoRead the rest of this entry »

Les fonctionnaires de la contestation (art inside)

February 14th, 2010
Le monde de la finance les qualifierait d’escrocs ; le monde de l’Art préfère parler de « plasticiens ». N’osant pas se prétendre peintres ou sculpteurs, ils se sont inventé une discipline que le béotien ordinaire assimilerait à un « foutage de gueule », si on lui apprenait que ça existe au moment de son sixième pastis vespéral.
En mai 68, l’École des Beaux-Arts fut un lieu de production d’affiches engagées – et souvent excellentes, d’ailleurs – qui affirmaient « La chienlit c’est lui ! », ou encore « Presse – Ne pas avaler ». Dès lors, comment pourrait-elle renier cet héritage dans lequel expression artistique et contestation politique se rejoignent ? D’autant que, depuis près de trente ans, cette contestation est devenue institutionnelle et sponsorisée par l’État via le Ministère de la Culture, Radio-France ou Arte. Pourtant, l’ENSBA vient de réagir frileusement en faisant retirer de sa façade l’œuvre engagée d’une « artiste » chinoise qui consistait en deux grands panneaux sur lesquels était inscrit « travailler moins gagner plus ».
On appréciera le courage de Ko Siu Lan – Ko pour les intimes – qui n’a pas eu peur d’affronter le pouvoir sarkozyste avec un message aussi percutant et profond. Nul doute qu’elle manifesterait la même ironie envers le pouvoir en place si elle se trouvait sur la Place Tien An Men. Et devant les éventuelles réticences des successeurs du Grand Timonier à exposer ses œuvres, il est certain qu’elle aurait pris à témoin la Justice de son pays afin de faire triompher la liberté d’expression des intermittents de l’imposture. Quoi qu’il en soit, c’est ici, et grâce à l’intervention de Frédéric Mitterrand, notre Laurent de Médicis en scooter, qu’elle a pu permettre à l’Art avec un grand A de triompher sur l’obscurantisme et la tyrannie.
Pour fêter ça, je vous offre quelques opus conceptuels de mon cru. Conservez-les précieusement : ils vaudront une fortune lorsque je ne serai plus de ce monde.
Sinon, je voulais ajouter un truc, mais j’ai oublié quoi.

Le monde de la finance les qualifierait d’escrocs ; le monde de l’Art préfère parler de « plasticiens ». N’osant pas se prétendre peintres ou sculpteurs, ils se sont inventé une discipline que le béotien ordinaire assimilerait à un « foutage de gueule », si on lui apprenait que ça existe après son sixième pastis vespéral.

En mai 68, l’École des Beaux-Arts fut un haut lieu de production d’affiches engagées – et souvent excellentes, d’ailleurs – qui affirmaient « La chienlit c’est lui ! », ou encore « Presse – Ne pas avaler ». Dès lors, comment pourrait-elle renier cet héritage dans lequel expression artistique et contestation politique se rejoignent ? D’autant que, depuis près de trente ans, cette contestation est devenue institutionnelle et sponsorisée par l’État via le Ministère de la Culture, Radio-France ou Arte. Pourtant, l’ENSBA vient de réagir frileusement en faisant retirer de sa façade l’œuvre engagée d’une « artiste » chinoise qui consistait en deux grands panneaux sur lesquels était inscrit « travailler moins gagner plus ».

On appréciera le courage de Ko Siu Lan – Ko pour les intimes, j’imagine – qui n’a pas eu peur d’affronter le pouvoir sarkozyste avec un message aussi percutant et profond. Nul doute qu’elle manifesterait la même ironie envers le pouvoir en place si elle se trouvait sur la place Tien An Men. Et devant les éventuelles réticences des successeurs du Grand Timonier à exposer ses œuvres, il est certain qu’elle aurait, de la même façon, pris à témoin la Justice de son pays afin de faire triompher la liberté d’expression des intermittents de l’imposture. Quoi qu’il en soit, c’est ici, et grâce à l’intervention de Frédéric Mitterrand, notre Laurent de Médicis en scooter, qu’elle a pu permettre à l’Art avec un grand A de triompher sur l’obscurantisme et la tyrannie. Read the rest of this entry »

Moteurs de recherche (ou pas)

January 28th, 2010
Si tu viens d’échouer sur ce blog en ayant tapé une de ces requêtes, désolé mais t’es pas preum’s !
« disparition des sorcières » : On aurait dû protéger l’espèce.
« lycée drouant mauvais traitement » : Vas-y, dénonce !
« orthographe ils se croivent murs » : C’est à peu près comme ça, à quelques détails près.
« lecher semelle college » : C’est pas obligatoire pour le brevet des collèges.
« Je ne sais pas quoi acheter pendant les soldes » : Des surgelés.
« beaux nombrils et strings apparents » : T’en as pas assez dans la vraie vie ?
« ACHAT caisson isolation sensorielle » : Bien pratique quand on veut rester communiste.
« blog coiffeuse fetichiste » : J’ai souvent songé à en créer un.
« fetichisme des tongs » : T’es surfeur ?
« filmes x x pizza » : Je connaissais les westerns-spaghetti…
« sur quoi ecoutes t’on le 78 tours » : Tu peux te mettres sur t’on canapé.
« blog porte +jaretelles » : C’est pas +ici.
« cogito ,ergo sum a quoi sert cette virgule » : À rien.
« mon ex est égo¨ste » : Idem.
« A QUOI SERT UN SURVETEMENT » : Demande à Fidel Castro (et baisse le son, s’il te plaît).
« livreur jamais fait scooter » : Prie !
« self piercing a la langue comment faire? » : 1 marteau, 1 clou, 1 pince.
« sédévacantisme folie » : Non, juste bêtise.
Sinon, je voulais ajouter un truc, mais j’ai oublié quoi.

Si tu viens d’échouer sur ce blog en ayant tapé une de ces requêtes, désolé mais t’es pas preum’s !

« disparition des sorcières » : On avait pourtant prévenu que l’abus de bûchers conduirait à un réchauffement climatique !

« lycée drouant mauvais traitement » : Vas-y, balance !

« orthographe ils se croivent murs » : C’est à peu près comme ça, à quelques détails près.

« lecher semelle college » : C’est pas obligatoire pour le brevet des collèges.

« Je ne sais pas quoi acheter pendant les soldes » : Fais comme moi : j’achète n’importe quoi et je mets au congélateur.

« beaux nombrils et strings apparents » : T’en as pas assez dans la vraie vie ?

« ACHAT caisson isolation sensorielle » : Bien pratique quand on veut rester communiste.

« blog coiffeuse fetichiste » : J’ai naguère songé à en créer un.

« fetichisme des tongs » : T’es surfeur ?

« filmes x x pizza » : Je connaissais les westerns-spaghetti…

« sur quoi ecoutes t’on le 78 tours » : Tu peux te mettres sur t’on canapé.

« blog porte +jaretelles » : C’est pas +ici.

« cogito ,ergo sum a quoi sert cette virgule » : À rien.

« mon ex est égo¨ste » : ¨dem.

« A QUOI SERT UN SURVETEMENT » : Demande à Fidel Castro (et baisse le son, s’il te plaît).

« livreur jamais fait scooter » : Prie !

« self piercing a la langue comment faire? » : 1 marteau, 1 clou, 1 pince. Tiens-nous au courant, quand même.

« sédévacantisme folie » : Non, juste bêtise.

Sinon, je voulais ajouter un truc, mais j’ai oublié quoi.

Infailliblement pontifiante

December 23rd, 2009

Vous l’avez sans doute aperçue dans un de ces débats byzantins dont la télé publique raffole. Le visage orné d’un petit sourire en coin, elle vient faire méthodiquement, et sur leur terrain, la leçon à des docteurs en sciences humaines ou divines. C’est Gros-Jean qui remontre à son curé, encore que Caroline Fourest ne fréquente probablement pas son curé, et de toute façon, ne traite pas avec les subalternes : elle préfère tancer le Pape qui, à ses yeux, vérifie le principe de Peter relatif au niveau d’incompétence promis, un jour, à tous ceux qui progressent au sein d’une hiérarchie. Ne doutant de rien, et surtout pas d’elle-même, elle se verrait bien lui faire le catéchisme, en lui tapant sur les doigts pour le punir de « l’évolution rétrograde du Vatican » dont il se serait rendu coupable. Car, autant l’avouer sans ambages : après avoir sacrifié ses plus belles années dans les obscures et moites Archives Secrètes du Vatican à déchiffrer des grimoires poussiéreux, elle peut enfin proclamer « le caractère conservateur de Benoît XVI ». Pensez bien au poids d’une telle accusation quand elle émane ex cathedra d’une « intellectuelle engagée » qui ne se lasse pas de nous rappeler à quel point ses recherches sont empreintes d’une rigueur inquisitoriale à la limite du scrupule et dénuées de tout a priori !

C’est pourtant la même qui évoque « l’envie de ferrailler contre tous les fanatiques (et leurs amis) » qui la meut. Mais d’abord, qu’est-ce qu’un « fanatique » ? Sur quels critères objectifs peut-on déterminer l’appartenance à cette catégorie de « fanatique » ? Quels sont les signes ostensibles qui permettent de distinguer le croyant fréquentable de l’ignoble « fanatique » qui n’est – soyons réalistes – qu’un « théocrate » en puissance ? Et quelles tentations doit-on vaincre afin de ne pas faillir en devenant « fanatique » ? On aura compris que de telles questions sont trop complexes pour être traitées par n’importe qui (vous, par exemple) : elles appellent le jugement, au cas par cas, de la spécialiste qui a « lu, étudié, comparé », et qui « a écrit de nombreux essais sur l’extrême droite, l’intégrisme (juif, chrétien et musulman), mais aussi contre les préjugés ». Grâce à un flair sans égal, elle débusque le « fanatique » avant de le démasquer, puis le démystifier, et enfin le ridiculiser en public, voire même (note : la locution « voire même » est parfaitement correcte et non une forme redondante) lui faire sauter ses subventions, si affinités. Search and destroy. Read the rest of this entry »

La donna è mobile

December 6th, 2009

Il y a quelques jours, lors d’un débat télévisé, la vidéo d’une chanson de Diam’s fut passée en guise d’illustration sonore, avant que les gens sérieux ne prennent la parole. Visiblement, notre diva de la rime pauvre reçut l’inspiration des muses du texte engagé avant de produire cette mélopée qui  restera, à coup sûr, dans les annales de la chanson réaliste. Toutefois, je persiste à rester dubitatif devant la pertinence des positions qui y sont exprimées.

Passons sur les lyrics empreints d’une vulgarité qui n’a rien à envier à certains de ses collègues masculins…

Passons sur le niveau poétique de l’opus : un fastidieux name-dropping de marques emblématiques de ce qui est supposé être son univers à elle…

Passons sur une vision manichéenne et surprenante de la société, dans laquelle le dealer est quasiment présenté comme un Robin des Bois des temps modernes… Read the rest of this entry »

Partenariat

November 20th, 2009

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Sinon, je voulais ajouter un truc, mais j’ai oublié quoi.

The Peacemaker

October 19th, 2009

Offrons un nouveau tonnerre d’applaudissements au jury d’Oslo. Car pouvoir autant rigoler en temps de crise boursière et de péril grippal est si rare. Allez, on se la repasse encore une fois : « Barack Obama a reçu Prix Nobel de la Paix 2009 »… Sauf si vous avez passé tout votre vendredi à flotter mollement dans un caisson d’isolation sensorielle, vous n’avez pu échapper à l’info. Normalement, des trucs comme ça, c’est réservé au 1er avril. Mais là, le jury du Nobel a décidé de se lâcher, de nous faire un truc bien rock and roll. Bien entendu, notre hillaryté laisse demeurer en nous un certain nombre de questions relatives à une telle désignation. Car octroyer ledit Prix à l’actuel gérant de la boutique de l’Uncle Sam a tout de même de quoi dérouter…

Puisqu’il s’agit d’une décision collégiale, on peut déjà s’interroger sur la manière dont le vote s’est effectué. S’est-il inspiré des méthodes en vogue dans certaines cellules socialistes du nord de la France ? D’ailleurs, qui compose ce comité distributeur des satisfecit qui couronnent glorieusement les carrières exemplaires ? En mon for intérieur, je me suis mis à imaginer qu’il s’y trouvât des Afghans ou des Irakiens n’ayant pu faire comptabiliser leurs suffrages, lors du vote à main levée, pour cause de membres amputés par quelque « frappe chirurgicale » opérée par les édificateurs du nouvel ordre mondial. Read the rest of this entry »

Capitalistes de tous les pays, unissez-vous !

October 15th, 2009

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Sinon, je voulais ajouter un truc, mais j’ai oublié quoi.

Tu ne tueras pas

October 4th, 2009

Il y a quelques semaines, les informations nous ont livré une énième histoire de rapt d’enfant qui se révéla être, par la suite, une maladroite tentative de diversion tentant de dissimuler la mort de cette enfant. Morte de mauvais traitements. Un fait divers de plus, avant de passer au sport.

Cette petite fille eut le malheur de s’être développée avec un patrimoine génétique différent de celui de ses frères et sœurs. Peut-être qu’elle remuait trop à la maison, mangeait avec gloutonnerie ou fatiguait par l’attention soutenue que son comportement demandait à son entourage. Quoi qu’il en soit, elle ne dérangera plus personne. Son bref passage sur terre aura rapidement pris la forme d’un calvaire qu’en peu de temps nous aurons chassé de nos mémoires. Combien d’entre nous se souviennent d’elle, d’ailleurs ?

Elle n’aura pas eu le temps de devenir assez grande pour s’interroger sur l’injustice, le mystère de la violence ou le sens de la vie. Trop occupée, sans doute, à parsemer de ses jouets le sol de sa chambre, comme les enfants « normaux » ont l’habitude de le faire. Mais ces questions d’adultes, c’est à nous qu’elle les laisse, à nos consciences hypocrites que les « bas instincts habillés en grands mots » – selon l’expression de Céline – des progressistes ont anesthésiées à force de discours vindicatifs et lancinants. Read the rest of this entry »