louisquatorze.com

J’ai bien réfléchi à tout cela.

of_mouche.jpg

Le concept de bloggeur influent (ou de son « altère egoe », la bloggeuse influente) me semble reposer moins sur la fréquentation de ses pages que sur l’existence, au sein de son lectorat, d’un phénomène de cour. Ainsi ce gourou du web 2.0 voit se prosterner devant lui (ou elle…) une ribambelle de zélotes lobotomisés qui le (ou la) singent dans tous ses tics (et ses TOC) jusqu’à même ses fautes d’orthographe. A genoux au pied de l’autel, cette clique lui envoie des grands coups d’encensoir à chacune de ses lumineuses prises de position, tant sur les élections municipales que sur les happenings de la rive gauche ou le dernier gloss de Chanel.

Qu’il (elle) soit pour ou contre (jamais sans opinion : sa religion le lui interdit), ses fans l’écoutent comme le chien qui, devant le gramophone, reconnaît la voix de son maître. Des « Fais pas ci, fais pas ça… » recevant une obéissance servile qui aurait rendu jaloux Pol Pot au sommet de sa popularité (selon un sondage SOFRES). Et voici surgir une armée de courtisan(e)s exalté(e)s, prêt(e)s à empoigner les fourches et allumer les bûchers pour l’ennemi démasqué : le député pas assez progressiste, le cinéaste pas assez élitiste ou le couturier pas assez couturier.

Car si le conformisme se trouve souvent dans la portion majoritaire des citoyens (ou des sujets, pour nos amis royalistes), il sait changer de masque pour passer dans le camp adverse. Certains appellent cela le snobisme. A ce propos, Pierre Desproges disait : « Dans les milieux dits artistiques, [...] on rencontre des brassées de démocrates militants, qui préfèreraient crever plutôt que d’être plus de douze à avoir compris le dernier Godard » (Chroniques de la haine ordinaire).

Quelqu’un, en plaisantant j’imagine, a évoqué mes « fans ». J’ai failli en rire. Ou en pleurer, je ne sais plus. J’ai, pour les quelques personnes qui me font l’honneur et la joie de venir me lire plus ou moins régulièrement, suffisamment de respect (parfois même d’amitié ou plus, si affinités) pour ne pas les considérer comme des « fans ». Et ce serait plutôt moi leur fan, quelquefois.

… J’aime beaucoup ce que vous faites.

Comments are closed.